
Analyse de l'eau de piscine : méthodes, paramètres et fréquence
Tout savoir sur l'analyse eau piscine : paramètres à surveiller (pH, chlore, TAC…), méthodes bandelettes/photomètre, fréquence et erreurs classiques.

L'analyse de l'eau de piscine repose sur cinq paramètres clés à surveiller dans l'ordre : TAC (80 à 120 mg/L), pH (7,2 à 7,4), chlore libre (1 à 3 mg/L), TH (200 à 400 mg/L) et stabilisant (30 à 50 mg/L max). Cet ordre n'est pas arbitraire : le TAC conditionne la stabilité du pH, qui détermine l'efficacité du désinfectant. Corriger le chlore avant le pH ou le pH avant le TAC gaspille les produits et maintient l'eau instable.
L'analyse de l'eau de piscine repose sur cinq paramètres clés à surveiller dans un ordre précis : le TAC (alcalinité), le pH, le désinfectant (chlore ou brome), le TH (dureté) et le stabilisant. Contrairement à une idée répandue, corriger le pH avant le TAC amplifie les déséquilibres au lieu de les résoudre. Ce guide détaille chaque paramètre, compare les méthodes d'analyse disponibles (bandelettes, pastilles DPD, photomètre, laboratoire) et donne un calendrier concret adapté à la saison, pour que votre eau reste claire et sûre sans gaspillage de produits.
Pourquoi analyser régulièrement l'eau de sa piscine
Tester régulièrement l'eau de sa piscine n'a rien d'une formalité administrative. Une eau mal équilibrée expose les baigneurs à des risques concrets tout en dégradant silencieusement les équipements.
Le Code de la santé publique impose aux piscines collectives des contrôles stricts, avec des seuils précis consignés par les Agences Régionales de Santé (ARS). Même si votre bassin familial échappe à ces obligations, ces normes constituent une référence utile : elles sont bâties sur les mêmes principes sanitaires que ceux qui protègent votre famille.
L'ANSES rappelle dans ses recommandations sur la qualité de l'eau de baignade que les déséquilibres chimiques créent un terrain favorable aux proliférations bactériennes et aux irritations cutanées ou oculaires. Une eau trouble ou malodorante signale souvent un problème qui aurait pu être détecté bien plus tôt par une simple analyse.
Risques sanitaires d'une eau déséquilibrée
Un pH trop bas (inférieur à 7,0) rend l'eau agressive pour la peau et les muqueuses. Les baigneurs ressentent des picotements aux yeux, des démangeaisons, et les cheveux deviennent rêches. Un pH trop élevé (supérieur à 7,6), lui, neutralise en partie l'action du chlore, laissant la voie libre aux micro-organismes.
Le chlore combiné : les fameuses chloramines : provoque l'odeur caractéristique de « chlore » que beaucoup associent à tort à une eau trop traitée. Cette odeur signale au contraire un déficit de chlore libre : le désinfectant s'épuise à neutraliser les matières organiques (transpiration, crème solaire, débris végétaux) et produit des sous-produits irritants. Sans analyse régulière, ce déséquilibre passe inaperçu jusqu'à l'apparition des premiers symptômes.
Conséquences sur l'équipement et le revêtement
Au-delà du confort de baignade, l'eau déséquilibrée attaque le matériel. Un pH acide corrode les pièces métalliques : échelle, skimmer, pompe, échangeur thermique. Les liners se décolorent et perdent leur élasticité. Les joints s'assèchent et fuient.
À l'inverse, une eau trop calcaire (TH élevé) ou au pH trop haut provoque l'entartrage des équipements. Les résistances des chauffages s'encrassent, le débit de filtration diminue, la consommation électrique grimpe. Le stabilisant (acide isocyanurique) en excès : au-delà de 50 mg/L : bloque l'action du chlore : on ajoute toujours plus de désinfectant sans comprendre pourquoi l'eau reste trouble. Seule l'analyse permet de détecter cette accumulation insidieuse.
Les paramètres essentiels à surveiller dans une piscine
Cinq paramètres principaux déterminent la qualité de l'eau. Leur surveillance régulière évite les mauvaises surprises, mais leur hiérarchie est souvent ignorée. Comprendre leurs interactions est bien plus utile que de les traiter comme une simple checklist.
L'ordre dans lequel on corrige un déséquilibre a autant d'importance que les valeurs cibles elles-mêmes. Le TAC conditionne la stabilité du pH, qui détermine à son tour l'efficacité du désinfectant. Traiter le chlore avant le pH, ou le pH avant le TAC, produit des corrections instables et gaspille les produits.
Le pH : premier curseur de l'efficacité du chlore
Le pH mesure l'acidité de l'eau sur une échelle de 0 à 14. Pour une piscine, la plage idéale se situe entre 7,2 et 7,4. C'est à ce niveau que le chlore affiche son efficacité maximale tout en restant confortable pour la peau et les yeux.
Ce qui échappe souvent aux propriétaires : le pH ne se stabilise pas tout seul. Il dépend directement du TAC. Un TAC insuffisant (sous 80 mg/L) rend le pH erratique : il monte et descend au moindre ajout de produit, à la moindre pluie. Corriger le pH sans avoir au préalable relevé le TAC revient à verser du correcteur dans une passoire. Notre article sur le pH à 6,8 détaille la marche à suivre quand l'eau devient trop acide.
En pratique, un pH qui dérive constamment signale presque toujours un problème de TAC sous-jacent. Avant de compenser, vérifiez ce paramètre.
Le chlore libre et le chlore total : quelle différence ?
Le chlore libre est la forme active du désinfectant, celle qui détruit bactéries et algues. Il doit se maintenir entre 1 et 3 mg/L pour une piscine traitée au chlore. Le chlore total, mesuré par certaines trousses, additionne le chlore libre et le chlore combiné (chloramines).
Un écart entre chlore total et chlore libre signale une accumulation de chloramines. Ces composés sentent « la piscine » : cette odeur forte que l'on croit synonyme d'eau propre. Elle indique le contraire : le chlore disponible est saturé par les déchets organiques. La seule solution est un traitement choc. Une simple analyse rapide chlore libre vs chlore total permet de déclencher ce choc au bon moment, ni trop tôt (gaspillage) ni trop tard (eau déjà dégradée).
Pour les spas traités au brome, visez 2 à 4 mg/L de brome libre. Le brome reste stable à pH plus élevé que le chlore, mais son analyse demande des réactifs spécifiques.
TAC, TH et stabilisant : les paramètres souvent négligés
Le TAC (Titre Alcalimétrique Complet) mesure la capacité de l'eau à résister aux variations de pH. Sa plage optimale : 80 à 120 mg/L (exprimés en équivalent CaCO₃). Trop bas, le pH devient instable. Trop haut, l'eau devient trouble et le pH bloque à la hausse.
Le TH (Titre Hydrotimétrique) indique la dureté de l'eau, soit sa concentration en calcium et magnésium. La fourchette recommandée pour une piscine se situe entre 200 et 400 mg/L. Une eau trop douce (TH < 150 mg/L) corrode les surfaces métalliques ; une eau trop dure (TH > 500 mg/L) dépose du tartre sur les équipements. Le TH se corrige moins souvent que le pH ou le TAC, mais il mérite une vérification mensuelle.
Le stabilisant (acide isocyanurique) est apporté par les galets de chlore stabilisé. Il protège le chlore des UV, mais s'accumule dans l'eau car il ne se dégrade pas. Au-delà de 50 mg/L, il bloque l'action désinfectante. Le seul moyen de le réduire est la vidange partielle. Les propriétaires utilisant exclusivement des galets stabilisés découvrent souvent ce problème après plusieurs saisons, quand l'eau reste trouble malgré des taux de chlore normaux. L'analyse du stabilisant, négligée dans beaucoup de guides, évite cette impasse. Pour une vision d'ensemble des solutions de traitement, consultez notre guide complet du traitement de l'eau de piscine.
Quelles méthodes pour analyser l'eau de sa piscine ?
Quatre méthodes principales existent pour analyser l'eau de sa piscine, du plus économique au plus précis. Chacune a sa place dans une routine d'entretien bien rodée.
Le choix dépend moins du budget que de ce qu'on attend du test : un contrôle rapide quotidien n'exige pas la même précision qu'un diagnostic avant correction de dosage. Combiner deux méthodes : bandelettes pour le suivi courant, photomètre pour les vérifications : couvre l'essentiel des besoins sans se ruiner.
Bandelettes multi-tests : pratiques mais limitées
Les bandelettes multi-tests trempent quelques secondes dans l'eau puis se comparent à une échelle colorimétrique. Un kit de 50 à 100 bandelettes coûte entre 5 et 15 € et couvre en général 5 à 6 paramètres : pH, chlore libre, TAC, TH, stabilisant, parfois brome.
Leur avantage principal, c'est la rapidité. En 30 secondes, on obtient une vue d'ensemble. Leur limite : la précision. L'humidité du pot altère les réactifs avec le temps. Le délai de lecture influence le résultat : lire trop tôt ou trop tard fausse la teinte. Et distinguer deux nuances proches sur l'échelle colorimétrique reste subjectif.
Pour un suivi quotidien en saison, elles font parfaitement l'affaire. Pour décider d'un dosage de correcteur, mieux vaut confirmer avec une méthode plus fiable.
Trousse à pastilles DPD et photomètre : précision renforcée
La trousse à pastilles DPD utilise des comprimés qu'on dissout dans un échantillon d'eau. La coloration obtenue se compare à un nuancier (trousse classique) ou se mesure par un photomètre électronique.
La trousse manuelle coûte 15 à 30 €. Elle mesure le chlore libre et le pH avec une précision supérieure aux bandelettes. Les pastilles se conservent mieux que les bandelettes, à condition de les garder au sec. Comptez 16,72 € pour une recharge de 100 pastilles DPD1 (Leroy Merlin, 2026).
Le photomètre numérique (80 à 150 €) lit la coloration via une cellule photoélectrique. Il élimine la subjectivité de l'œil humain. Résultat affiché en chiffres, plus de comparaison à un nuancier. Certains modèles mémorisent les mesures, ce qui aide à suivre les dérives sur plusieurs semaines. L'investissement se justifie dès qu'on gère soi-même l'intégralité du traitement ou qu'on a connu des épisodes d'eau verte à répétition. Notre guide complet du traitement piscine recense les solutions adaptées à chaque situation.
Faire analyser son eau en magasin ou laboratoire
Certains magasins spécialisés proposent une analyse gratuite ou peu coûteuse (5 à 10 €) à partir d'un échantillon apporté par le client. Le résultat couvre en général pH, chlore, TAC, TH et stabilisant. Avantage : un matériel calibré et un œil expert pour interpréter les valeurs.
L'analyse en laboratoire (30 à 60 €) va plus loin : recherche de métaux (fer, cuivre), de phosphates, de micro-organismes. Elle se justifie en début de saison, après un hivernage, ou quand un problème persiste malgré des corrections répétées. C'est aussi la méthode de référence pour valider la qualité de l'eau avant la première baignade de l'année dans les piscines collectives.
Les deux options partagent une contrainte : le délai. Entre le prélèvement et le résultat, l'eau a pu évoluer. Utilisez ces analyses comme des points de repère ponctuels, pas comme un suivi courant.
Fréquence d'analyse : un calendrier adapté à la saison
La fréquence d'analyse s'adapte à la saison. L'eau d'une piscine n'est pas un milieu stable : température, fréquentation, pluies, ajouts de produits modifient les équilibres en continu. Un calendrier d'analyse réaliste évite deux écueils : tester trop rarement et laisser filer un déséquilibre, ou tester trop de paramètres chaque jour et se décourager.
La règle simple : plus l'eau est chaude et fréquentée, plus les analyses doivent être rapprochées.
En saison (juin-août) : surveiller quotidiennement pH et chlore
De juin à septembre, quand la température de l'eau dépasse 24 °C, le chlore se consomme rapidement. Les UV le dégradent, les baigneurs apportent des matières organiques. Une analyse du pH et du chlore libre tous les jours ou tous les deux jours n'a rien d'excessif.
Le TAC, le TH et le stabilisant se vérifient une fois par semaine durant cette période. Une forte pluie dilue l'eau et abaisse le TAC : testez-le le lendemain d'un orage. Après une journée de forte affluence (fête, nombreux enfants), testez le chlore le soir même : il peut chuter de moitié en quelques heures.
Un photomètre facilite ce rythme soutenu : 30 secondes par test, résultat chiffré, pas d'interprétation. Les bandelettes constituent le plan B acceptable pour les jours où le temps manque.
Hors saison : une analyse mensuelle suffit-elle ?
D'octobre à mai, avec une eau froide et peu ou pas fréquentée, une analyse mensuelle couvre l'essentiel. Vérifiez pH, chlore libre (même réduit, il doit rester détectable pour éviter la prolifération), TAC et TH.
L'hivernage actif (filtration maintenue) exige un contrôle minimal mensuel. En hivernage passif (bassin couvert, filtration arrêtée), une analyse complète en début d'hivernage et une autre à la remise en route suffisent. Profitez de la remise en route pour une analyse en laboratoire si l'eau a verdi ou si des dépôts sont apparus pendant l'hiver.
Le stabilisant, lui, mérite une mesure à l'ouverture et à la fermeture : ces deux points dans la saison suffisent à détecter une accumulation problématique.
Cas pratique : rééquilibrer une eau déséquilibrée étape par étape
Prenons un cas concret pour illustrer pourquoi l'ordre de correction est déterminant.
Scénario : piscine enterrée de 50 m³, eau à 24 °C, filtration en bon état. L'analyse donne : pH à 6,8, chlore libre à 0,3 mg/L, TAC à 55 mg/L. L'eau est trouble, les baigneurs se plaignent de picotements. Le réflexe classique : remonter le pH immédiatement avec du pH+, puis ajouter du chlore.
Cette séquence est contre-productive. Avec un TAC à 55 mg/L : bien en dessous des 80 mg/L minimum : le pH ne tiendra pas. Le pH+ ajouté fera monter le pH temporairement, mais le faible pouvoir tampon de l'eau le fera redescendre en quelques heures. Résultat : gaspillage de produit, frustration, et toujours une eau déséquilibrée.
La séquence correcte : corriger le TAC d'abord avec du bicarbonate de sodium (TAC+), viser 100 mg/L. Attendre 4 à 6 heures, filtration en marche. Le pH se stabilise alors naturellement autour de 7,0-7,2. Ajuster ensuite le pH à 7,2-7,4 avec un correcteur si nécessaire. Une fois le pH stable, procéder à un traitement choc au chlore pour remonter le chlore libre à 3-5 mg/L temporairement, puis maintenir entre 1 et 3 mg/L. Cet enchaînement : TAC, puis pH, puis désinfectant : évite l'effet yo-yo que connaissent beaucoup de propriétaires.
Une eau équilibrée durablement demande moins de produits qu'une eau corrigée dans le désordre. L'analyse initiale complète (TAC + pH + chlore) est le préalable indispensable à toute correction efficace. Pour approfondir les méthodes de traitement, notre guide d'entretien piscine complet propose une checklist étape par étape.
Lecture des résultats d'analyse : que signifient les valeurs ?
Chaque valeur mesurée raconte quelque chose sur l'état de l'eau, mais c'est leur lecture croisée qui donne le diagnostic.
Un pH à 6,8 avec un TAC à 55 mg/L indique une eau sans pouvoir tampon : elle encaisse mal les variations. Un chlore libre à 0,3 mg/L avec un chlore total à 2,5 mg/L signale une forte présence de chloramines : l'eau est « saturée » de déchets organiques. Un stabilisant à 90 mg/L avec un chlore libre normal mais une eau qui verdit malgré tout suggère un blocage du désinfectant par excès d'acide isocyanurique.
Avant de toucher à un produit, recoupez toujours les paramètres liés. Un pH qui dérive sans cesse, une eau qui reste trouble malgré un chlore correct, des irritations persistantes : ces symptômes renvoient presque toujours à un paramètre « caché » (TAC bas, stabilisant trop haut, TH déséquilibré) que l'analyse de routine n'a pas identifié parce qu'on ne l'a pas mesuré.
Séquence de correction dans le bon ordre
La règle à retenir, validée par l'expérience de nombreux propriétaires et les recommandations des fabricants de produits de traitement :
- Corriger le TAC en premier. Sans alcalinité suffisante, tous les autres réglages sont instables.
- Ajuster le pH ensuite. Une fois le TAC dans la plage 80-120 mg/L, le pH se corrige avec des doses plus faibles et tient dans le temps.
- Traiter le désinfectant en dernier. Chlore ou brome : leur efficacité dépend entièrement du pH. Une eau au pH stable et au bon niveau permet de réduire les doses.
Pour les cas où le pH piscine est trop bas, il est essentiel de comprendre les risques et les méthodes de correction. D'autre part, si vous devez augmenter le pH de votre piscine, suivez notre tableau de dosage pour une application correcte.
Cette séquence s'applique à tout déséquilibre, qu'il s'agisse d'une eau acide (pH bas) ou basique (pH haut). Dans le cas d'un pH trop élevé, le TAC est souvent lui aussi trop haut : le corriger d'abord (avec un réducteur de TAC ou une aération) facilite l'abaissement du pH.
L'erreur courante qui fausse toutes vos mesures
L'erreur la plus fréquente, celle qui fausse des milliers d'analyses chaque été, ne concerne ni le matériel ni la chimie : c'est le prélèvement.
Prélever l'eau en surface, près d'une buse de refoulement, ou pire, juste après avoir ajouté un produit, donne des valeurs qui ne représentent absolument pas l'état réel du bassin. Le chlore fraîchement injecté près d'une buse affiche un taux temporairement élevé. Un échantillon prélevé à 5 cm de la surface ne contient pas la même concentration de stabilisant que l'eau prélevée à 30 cm.
Conséquence classique : l'analyse indique un chlore « correct », mais l'eau est en réalité sous-traitée. Le propriétaire n'ajuste rien. Trois jours plus tard, l'eau verdit. Ou l'inverse : analyse faussement basse, surdosage de chlore, irritations, liner fragilisé.
Le protocole fiable :
- Prélevez à 30 cm de profondeur, à l'opposé des buses de refoulement et loin des skimmers.
- La filtration doit tourner depuis au moins 2 heures pour que l'eau soit homogène.
- Attendez 4 à 6 heures minimum après tout ajout de produit avant de tester.
- Rincez le flacon de prélèvement avec l'eau de la piscine avant le prélèvement définitif.
- Analysez immédiatement après le prélèvement. L'eau qui stagne dans un flacon voit son pH dériver et son chlore se dégrader.
Ce protocole prend 2 minutes. Le sauter invalide toute la chaîne de décision qui suit l'analyse.
Choisir son kit d'analyse piscine : ce qu'il faut vérifier
Un kit d'analyse se choisit sur des critères précis, pas sur le prix seul. Voici ce qu'il faut vérifier avant d'acheter.
Le minimum exigible : un kit capable de mesurer pH et chlore libre. Sans ces deux paramètres, impossible d'ajuster quoi que ce soit. L'idéal pour une autonomie complète : un kit ou une combinaison couvrant également TAC, TH et stabilisant.
Les réactifs ont une durée de vie limitée : pastilles DPD et bandelettes s'altèrent à l'humidité et à la chaleur. Un kit acheté en début de saison et stocké dans le local technique (chaud, humide) peut perdre en fiabilité avant le mois d'août. Conservez les réactifs au sec, à température ambiante, dans leur emballage d'origine hermétique.
Bandelettes 6-en-1 ou trousse à pastilles : laquelle privilégier ?
Les bandelettes 6-en-1 (ManoMano, 2026) couvrent chlore, pH, brome, dureté totale, alcalinité totale et acide cyanurique pour 5 à 15 € les 100 tests. Avantage : tout en un, rapide, peu coûteux. Inconvénient : précision moyenne, sensible à l'humidité de stockage.
La trousse à pastilles DPD (type EDG, disponible sur ManoMano) mesure pH et chlore avec une fiabilité supérieure. Comptez 15 à 30 € pour la trousse complète, puis 16,72 € les 100 pastilles de recharge DPD1 (Leroy Merlin, 2026). La lecture colorimétrique reste manuelle.
Pour un propriétaire qui suit son eau quotidiennement, la combinaison gagnante est souvent : bandelettes 6-en-1 pour le check rapide matinal, trousse DPD pour confirmer avant toute correction. Coût total : environ 30 à 45 € pour une saison complète, recharges comprises.
Photomètre numérique : quand l'investissement se justifie-t-il ?
Un photomètre numérique (80 à 150 €) lit la coloration par cellule photoélectrique et affiche un résultat chiffré. Finies les discussions sur « est-ce que c'est plutôt ce orange ou celui-là ? ». La précision est d'un ordre de grandeur supérieur aux méthodes visuelles.
Cet investissement se justifie dans trois cas :
- Vous gérez vous-même 100 % du traitement, sans passage régulier d'un piscinier. La précision du photomètre évite les surdosages coûteux.
- Votre eau a déjà verdi plusieurs fois. Un photomètre détecte les dérives avant qu'elles ne deviennent visibles.
- Vous possédez plusieurs équipements (piscine + spa) nécessitant des analyses fréquentes avec des réactifs différents.
Les photomètres utilisent des pastilles spécifiques par paramètre : DPD1 pour le chlore libre, Phenol Red pour le pH, pastilles dédiées pour l'acide isocyanurique (réactif Lovibond, 100 pastilles disponibles sur ManoMano). Ces consommables représentent un budget annuel d'environ 30 à 50 € selon la fréquence d'analyse.
Points clés
- Le TAC se corrige toujours en premier : sans alcalinité suffisante (80-120 mg/L), le pH reste instable quels que soient les produits ajoutés.
- Le pH optimal se situe entre 7,2 et 7,4 : en dehors de cette plage, le chlore perd jusqu'à 50 % de son efficacité désinfectante.
- En saison, testez le pH et le chlore libre tous les jours : la chaleur et la fréquentation font varier ces valeurs en quelques heures.
- Prélevez l'échantillon à 30 cm de profondeur, loin des buses, filtration en marche depuis 2 heures minimum : une erreur de prélèvement fausse toutes les mesures.
- Les bandelettes suffisent pour un contrôle quotidien rapide, mais confirmez avec une trousse à pastilles DPD ou un photomètre avant toute correction de dosage.
Sources
Fiche pratique
| Titre | Analyse eau piscine |
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Ce guide a une portée pédagogique. Toute intervention technique (électricité, gaz, structure) doit être confiée à un professionnel certifié ou RGE.
Questions courantes
Comment analyser l'eau de sa piscine soi-même ?
Pour analyser l'eau de votre piscine vous-même, prélevez un échantillon à 30 cm de profondeur, loin des buses de refoulement, la filtration en marche depuis au moins 2 heures. Utilisez ensuite une trousse à pastilles DPD ou un photomètre pour mesurer le pH et le chlore libre. Les bandelettes multi-tests offrent une alternative rapide mais moins précise, adaptée à un contrôle quotidien en saison.
Quelle fréquence pour tester l'eau de sa piscine ?
En pleine saison (juin à août), testez le pH et le chlore libre tous les jours ou tous les deux jours. Le TAC, le TH et le stabilisant se vérifient une fois par semaine. Hors saison, une analyse mensuelle sur les paramètres principaux suffit, sauf en cas de traitement choc ou d'épisode de fortes chaleurs qui accélèrent la consommation de désinfectant.
Quels sont les paramètres à analyser dans une piscine ?
Les paramètres fondamentaux sont le pH (idéalement 7,2 à 7,4), le chlore libre (1 à 3 mg/L), le TAC ou alcalinité totale (80 à 120 mg/L), le TH ou dureté (200 à 400 mg/L) et le stabilisant ou acide isocyanurique (30 à 50 mg/L maximum). Pour les spas traités au brome, visez 2 à 4 mg/L de brome libre.
Quelle est la différence entre chlore libre et chlore total ?
Le chlore libre est la fraction active du désinfectant, capable de détruire bactéries et algues. Le chlore total inclut le chlore libre ET le chlore combiné (chloramines), résidu de la réaction avec les matières organiques. Un écart important entre chlore total et chlore libre signale une eau chargée en chloramines, irritantes et malodorantes : un traitement choc est alors nécessaire.
Les bandelettes de test piscine sont-elles fiables ?
Les bandelettes multi-tests sont pratiques pour un contrôle rapide et quotidien, mais leur précision reste limitée par rapport à une trousse à pastilles DPD ou un photomètre électronique. L'humidité et le temps de lecture influencent le résultat. Pour un diagnostic fiable avant correction, mieux vaut confirmer avec une méthode plus précise.
Quel pH idéal pour une eau de piscine ?
Le pH idéal pour une piscine se situe entre 7,2 et 7,4. Cette plage garantit une efficacité optimale du chlore tout en limitant les irritations cutanées et oculaires. En dessous de 7,0, l'eau devient corrosive pour les équipements ; au-dessus de 7,6, le chlore perd en efficacité et le tartre se dépose sur les parois.
Comment prélever correctement un échantillon d'eau de piscine ?
Prélevez l'échantillon à environ 30 cm sous la surface, à l'opposé des buses de refoulement et des skimmers. La filtration doit tourner depuis au moins 2 heures pour que l'eau soit homogène. N'analysez jamais juste après un ajout de produit chimique : attendez 4 à 6 heures minimum. Rincez le flacon avec l'eau de la piscine avant le prélèvement définitif.
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